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Les 6 ans de l'aventure Ground Control

Ground Control, vous connaissez ? Ce grand… bar, restaurant, jardin, cabinet de curiosités… Certains l’ont connu dans le 13ème, d’autres dans le 18ème ou aujourd’hui dans le 12ème. Quelques uns, (il parait qu’ils sont nombreux) l’ont même suivi dans tous ces endroits, surpris chaque année de découvrir un projet renouvelé, pourtant fidèle à ce qui le caractérise depuis le début.

Une expo rétrospective

Cette exposition retrace les 6 ans de Ground Control pour vous permettre de revivre les moments qui ont jalonné notre histoire et fabriqué nombre de souvenirs. L’occasion de mieux comprendre vers où nous avons envie d’aller demain avec vous. 

Ground Control, un mélange des genres

Avec les années, Ground Control est devenu un lieu de vie, mais aussi d’échanges et de réflexion pour se retrouver, pour boire un verre, découvrir un artiste, écouter une conférence, ou simplement se détendre. Un peu comme une place de village en effervescence permanente. La place de village d’une grande capitale comme Paris entre héritage et innovation, jeunesse fougueuse, passionnée et engagée et parents faisant mine d’être assagis (à peine ) qui observent leurs enfants jouer à l’ombre des oliviers.

Ce mélange des genres c’est notre raison d’être depuis le début. Le décloisonnement, la pluridisciplinarité, la découverte et l’hommage permanent, le recyclage et l’invention, la liberté et la curiosité.

Le jeudi 27 juin, cela faisait 6 ans, 6 ans de défrichage.

« Ground Control, c’est un terrain de jeu de 6000 m2 »

« C’est vrai qu’à l’époque, les lieux étaient extrêmement normés, on avait peu d’espaces à Paris qui étaient totalement ouverts. Et l’aventure est née très très spontanément. C’était aussi une envie de se reconnecter avec la terre…

Finalement ça exprimait bien ce qu’on a voulu faire ici, un lieu où les gens viennent, pour se retrouver, boire, manger, mais aussi comprendre, apprendre, découvrir des artistes. Et c’est un lieu d’expérimentation aussi quelque part, on teste des choses et on essaie de les faire évoluer. C’est un terrain de jeu qui fait 6000 mètres carrés. »

interview de Denis Legat – directeur associé – La Lune Rousse

Notre première expérience d’urbanisme transitoire

« C’est notre première expérience en matière d’urbanisme transitoire, c’est une aventure qui a commencé il y a quelques années du côté de la rue d’Ordener, on était assez séduits par le concept, le projet qui a été proposé par La Lune Rousse, mais surtout, ça nous a bluffé ensuite, je pense que ça a aussi bluffé les équipes et de La Lune Rousse, de Ground Control.

Un état d’esprit assez différent de ce qu’on pouvait voir ailleurs, à Paris ou en région, et quelque chose qui a très vite évolué, qui a dépassé le côté strictement événementiel pour devenir presque un fait de société. Donc on a été emporté par le sujet, qui matchait bien aussi avec l’environnement industriel, avec l’environnement ferroviaire. »

interview de Benoît QUIGNON – directeur général de SNCF Immobilier

« L’amusement, c’est fondamental »

« En allant à côté on a vu un magasin de bricolage qui fermait, en voyant tout ce matériel incroyable, de tôle perforée, on s’est dit “ah il y a peut-être quelque chose à faire”. Grâce à ça est né le côté moucharabieh, choses légères, on a pu créer des bars, des espaces qui sont perforés, qui laissent passer la lumière et tout ça. Comme lieu de fête connaissant l’importance de la fusion des gens il y a l’avion…

L’amusement c’est fondamental, d’être heureux, décalé… Alors c’est pas du tout de l’art contemporain, mais on peut s’inspirer de la Biennale de Venise dans certaines choses… C’est très important de se retrouver dans un lieu et de comprendre, de respirer, de voir ce qui s’y passe, ce qui s’y est passé… C’est un peu intuitif, donc on essaie de s’approprier le lieu, de garder son âme, de le respecter. »

interview d’Angelo Zamparutti, chef décorateur

« Un Ground Controleur, c’est quelqu’un qui a besoin de respirer »

« Gardez votre esprit d’enfant, votre esprit rebelle. Tout le monde potentiellement pourrait-être un Ground Controleur, certains ne le savent pas encore…

Un Ground Controleur je pense que c’est quelqu’un qui a besoin de respirer. En tant que parisien, on va boire un coup avec des potes dans un bar, on ne peut pas fumer, on va fumer dehors sur le trottoir « attention chut faut pas faire de bruit » donc on rentre à l’intérieur « ah il ne faut pas sortir avec les verres », ok je ne sors pas avec mon verre… C’est une foule d’interdits qui à un moment nous oppressent. Le Ground Controleur, il vient respirer. »

interview de Fabrice TERRIER, directeur associé – La Lune Rousse

Un média pour diffuser plus largement ce qui se passe à Ground Control

« Aujourd’hui on a articulé le média autour de 4 grands axes qui guident la ligne éditoriale de Ground Control.

D’une part la culture, que ce soit la littérature, l’alimentation, la musique, le spectacle vivant… À côté de la culture, on a tout un axe autour de l’environnement, de la planète, de l’écologie, du développement durable… Le troisième axe, c’est directement lié à l’économie sociale et solidaire, toutes les questions liées au social, au solidaire, à l’insertion des publics en difficulté, mais aussi aux questions de citoyenneté. Et le 4ème axe est dédié aux acteurs du changement, puisque à Ground Control, c’est quelque chose de très important de donner la parole aux gens qui font les choses, qui sont engagés sur le terrain et qui viennent partager avec nous leur expérience.

Aujourd’hui Ground Control est connu pour être un lieu, on espère que demain il sera aussi connu pour être un média. Et ce qui nous semble intéressant à creuser autour de cette notion là, c’est le concept de lieu-média ou de média-lieu. C’est-à-dire que tout ça créé une continuité entre ce qui va se produire sur un lieu et où on va pouvoir rencontrer les publics et échanger avec eux, et ce qui va se retrouver sur le web et diffusé de manière plus large. »

interview de Mathilde GIRAULT, directrice du pôle éditorial à Ground Control

La relation entre un tiers-lieu et un média

« À l’origine nous on est des producteurs, des producteurs d’événements à travers La Lune Rousse, des producteurs de lieux à travers Ground Control, des producteurs de contenus à travers des podcasts, à travers des conférences ici, et puis on est aussi des producteurs et des programmateurs culturels.

C’était assez naturel de se dire à un moment, on va agréger tout ça, tout ce qu’on fait, tout ce qu’on produit, dans un espace un peu digital, où on va pouvoir rassembler tout ça, et puis créer de la mémoire, créer un point de rencontre avec une communauté qui peut être à distance, qui n’est pas forcément sur le lieu, et puis faire vivre ses projets en amont, en aval, enrichir un peu cette rencontre là qu’on vit ici. C’est ça un peu la relation entre un lieu et un média qu’on veut faire vivre.

Finalement, Ground Control ce sont des lieux éphémères, mais Ground Control c’est un projet qui est complètement durable dans sa facture, et le média c’est une manière de le faire vivre, quel que soit le lieu, quel que soit la situation géographique du lieu, et quel que soit même le nombre de lieux à terme. »

interview de Laurent DUFAY – directeur associé – La Lune Rousse

dossier publié en juillet 2019

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